4 interprètes contraintes d’évoluer dans les limites d’un espace et de surveillance. Les caméras de surveillance sont aujourd’hui, utilisées par les autorités dans le contrôle de l’espace public. De plus en plus perfectionnées, elles prolifèrent et rognent la vie privée des citoyens. La simple présence visible d’une caméra suffit à modifier les comportements. Les images qu’elles produisent, suivies par des videogiles anonymes, sont les nouveaux instruments du contrôle social. L’espace de la scène est occupé par les interprètes et leur propre image. Projetées sur les écrans des vidéos préenregistrées de corps déformés se mélangent à des prises de vues en temps réel. Le corps des danseuses interagit avec la caméra de surveillance et instaure un dialogue avec les images qu’elle produit. Dans cet environnement, l’autorité s’exerce à travers un enfermement non pas physique mais virtuel. Les danseuses évoluent en immersion dans l’espace oppressant de la surveillance technologique.Elles dérivent dans l’omniprésence d’un réseau qui déforme leurs corps et nie leur identité. Les individus oppressés et confrontés à leur image déformée, sont amenés à agir différemment, penser différemment. Elles sont résignées, assujettis à l’espace de la caméra et ses images. Elles sont aussi résistantes, se réappropriant leur image, détournant le media en temps réel.

AÙCTOR
Lieu: Centre National de la Danse, Paris
Catégorie: Scénographie
Maître d’ouvrage: Marie-Laure Agrapart & Cie
Surface: 128 m2
Calendrier: Livraison Septembre 2008